MANHATTAN LOCKDOWN | Brian Kirk (2019)

C’est probablement une coïncidence (mouais, c’est certainement une coïncidence) mais il se trouve qu’après vous avoir parlé de FIRST LOVE, il va de nouveau aujourd’hui être question d’un film se déroulant sur une seule nuit. Il va également être question de destins croisés et de fusillades mais, là où FIRST LOVE nous faisait surtout suivre des voyous et des antihéros, MANHATTAN LOCKDOWN va nous amener à suivre un flic déterminé, pour sa part, à être acteur des événements plutôt que d’en être le jouet.
Vendu comme u n polar assez basique ayant pour principale ambition de lancer la carrière d’action star de Chadwick Boseman, maintenant que BLACK PANTHER est passé par là, MANHATTAN LOCKDOWN est un pourtant un film plus intéressant qu’il n’y paraît et je vais vous expliquer pourquoi.

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« Le seul moyen de sortir de là est de lui passer sur le corps »… au moins ça donne le ton !

Le prélude du film nous permet de faire connaissance avec Andre Davis, un inspecteur de police new-yorkais, entré dans la carrière après que son père, lui-même policier, ait été abattu par trois malfrats, dont un ne fut jamais identifié. On peut penser que ce dernier élément aura un intérêt pour la suite mais il ne sert en réalité qu’à planter le décor : il y a quinze ans, New York était un coupe-gorge, de nombreux criminels restaient impunis et il a fallu des gens à poigne pour rétablir la situation, des gens comme l’inspecteur Andre Davis, connu, visiblement, pour n’avoir aucune pitié envers les tueurs de flics (et pour être un dingue de la gâchette).
Présenté comme ça, le personnage d’Andre Davis ressemble à un Harry Callahan en mieux fringué et le début du film va vraiment nous laisser penser à un INSPECTEUR HARRY 2.0.

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Car, en effets, tout commence avec le braquage d’un bar à vin dont la chambre froide sert de planque de marchandise à un important réseau de trafic de drogue. Le braquage se passe mal, très mal et, après intervention de la police, ce sont ni plus ni moins que huit membres du NYPD qui finissent à la morgue. Le coup est rude pour la police new-yorkaise et, lorsque l’affaire est confiée à Davis ainsi qu’à une membre des stups, les consignes sont claires : ils ont carte blanche et inutile de s’embarrasser avec des procédures ou de prendre le risque de voir ces sacs à merde relâchés par un juge laxiste, si vous voyez ce que je veux dire.

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Très vite, les suspects sont identifiés et leur destination connue : ils sont sur l’île de Manhattan, une île qui n’a plus d’île que le nom vu qu’elle est desservie par les 21 ponts qui donnent son titre original au film (même si, visiblement, il s’agit de 17 ponts et 4 tunnels mais je vous avoue ne pas être allé sur place pour vérifier). Il y a toutefois un moyen de les prendre au piège : nous sommes en pleine nuit alors pourquoi ne pas bloquer tous les accès à Manhattan, vu que cela impactera le minimum de monde ? Après quelques tergiversations, le plan est adopté et voilà Manhattan redevenue une île le temps d’une nuit, le temps, surtout, pour l’inspecteur Davis de partir à la chasse dans une New York redevenue une jungle urbaine.

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Ca, ce ne sont que les premières minutes. Très vite, en effets, certains éléments vous font comprendre que l’histoire va être beaucoup plus complexe que prévue mais je n’en dirais pas plus. Parce que oui, si le personnage d’Andre Davis semble avoir été écrit de façon assez simpliste, ce n’est pas le cas des autres protagonistes, notamment de ses deux “proies”, qui sont des personnages bien plus complexes que de simples malfrats qui auraient estimé à huit vies humaines le prix de 50 kilos de cocaïne.
Loin toutefois l’idée d’excuser le comportement de certains, davantage d’expliquer ce qui a pu les amener à prendre telle ou telle décision, des bonnes comme des mauvaises, toutes les amenant au même endroit, au même moment.
Raconté comme ça on a le sentiment que ça commence comme l’INSPECTEUR HARRY et que ça se poursuit comme LE CERCLE ROUGE… mais avec un supplément fusils-mitrailleurs quand même, on est pas des bêtes !

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Ca c’était pour le fond, passons maintenant à la forme. Niveau interprétation, il n’y a, tout d’abord, rien à redire : personne ne crève littéralement l’écran mais tout le monde est très bon. Il manque peut-être à Chadwick Boseman un soupçon de « badassitude », qu’il acquérira probablement s’il poursuit dans le cinéma d’action. Quant à la réalisation, elle est également très soignée : les scènes de fusillades (et il y en a quelques unes) sont assez lisibles et le film regorge également de très beaux plans sur New-York la nuit (plans qui seraient pourtant moins beaux si les gens pensaient à éteindre la lumière quand ils quittent leur bureau, mais bon, passons).

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En définitive, si je peux résumer ma pensée, disons que MANHATTAN LOCKDOWN vaut davantage le coup d’oeil qu’il n’en a l’air. Vendu visiblement comme un film de vengeance basique, c’est avant tout l’histoire d’un homme qui croise ceux qu’il aurait pu devenir et confronte les fantômes des tentations auxquelles il a du résister. C’est une variation sur le thème habituel de la distinction entre le bien et le mal et une illustration de plus de l’idée selon laquelle nous sommes autant le produit de notre environnement que de nos choix.
Mais que cela n’empêche pas toutefois d’avoir à vider quelques chargeurs !

Je vous laisse méditer là-dessus et vous dit à bientôt, d’ici là portez-vous bien et

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prévoyez un plan B pour rentrer, on ne sait jamais.

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