TERMINATOR : DARK FATE | Tim Miller (2019)

Mouais, un sixième Terminator, voilà qui peut augurer du meilleur comme du pire. Parce que, reconnaissons-le si les deux premiers sont d’excellents films, les suites n’ont pas vraiment été des réussites. TERMINATOR 3 n’était pas déshonorant mais une surdose de second degrés donnait au film le sentiment de s’autoparodier. Je ne garde pas énormément de souvenirs de TERMINATOR RENAISSANCE, si ce n’est que ce n’était pas la catastrophe que je craignais (ce qui ne veut pas dire grand chose). Quant à TERMINATOR GENISYS… bon on ne va pas s’acharner : il y avait eu beaucoup de mauvais choix faits avec ce film, à tel point que beaucoup ont cru la franchise morte et enterrée.
Et puis James Cameron a racheté les droits d’exploitation histoire de donner à la franchise la conclusion qu’elle mérite. Sur le papier ça pouvait être prometteur mais de précédentes expériences avec les franchises ALIEN et HALLOWEEN ont montré que ce n’est pas parce que leur créateur est de nouveau dans les parages que cela garantit un chef-d’œuvre. Donc après près de 30 ans d’attente, va-t-on enfin avoir droit de nouveau à un Terminator digne de ce nom ?

Affiche

Comme pour ALITA, Cameron ne s’est pas chargé lui-même de la réalisation de son projet. Encore occupé par les suites d’AVATAR (et, espérons-le, par le Blu-Ray d’ABYSS), il s’est contenté de superviser la production et la création et a confié la réalisation à Tim Miller, un spécialiste des effets spéciaux à qui l’on devait déjà DEADPOOL, une œuvre dont la principale qualité était d’être assez jouissive et de laisser la part belle à une violence assez décomplexée.
Et de la violence, vous allez en avoir : TERMINATOR DARK FATE étant le premier depuis un bail à être “Rated R” aux Etats-Unis. Autre information importante : oubliez les événements des trois derniers Terminator : Cameron a décidé que seuls ceux où il a eu son mot à dire comptent dans la chronologie, DARK FATE étant donc une suite directe de TERMINATOR 2.
Oui, je sais, il y a comme une ironie à créer une nouvelle temporalité dans une franchise où l’enjeu est effectivement d’intervenir dans le passé pour modifier le futur. C’est fichtrement méta et je ne sais pas étonné d’apprendre que James Cameron s’en est aperçu et que cela l’amuse beaucoup.

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Donc, pour ceux qui n’ont pas vu TERMINATOR 2 depuis un moment, je vous rappelle qu’à la fin Sarah et John Connor ainsi que le T-800 détruisaient la puce qui permettait, dans le présent, de créer Skynet et, par là même, le soulèvement des machines. Le futur semblait donc être sauvé puisque l’apocalypse du 29 août 1997 prophétisée par Sarah Connor n’eut pas lieu. Et pourtant…
Et pourtant, 28 ans plus tard, les machines envoient un nouveau Terminator : le REV-9, dont la particularité est d’être un robot recouvert de métal liquide imitant la peau humaine. Un peu comme le T-X de TERMINATOR 3, me direz-vous, la différence étant qu’il peut séparer son corps liquide de son corps solide, ce qui lui permet de se dédoubler. Les humains, quant à eux, n’envoient pas un T-800 ni Kyle Reese mais Grace (Mackenzie Davis), une guerrière “augmentée”, autrement dit équipée d’implants lui conférant une force et des réflexes comparables à ceux d’un cyborg. Quant à Sarah Connor, elle n’a pas cessé de se battre mais ce coup-ci elle n’est pas la cible du Terminator, sa nouvelle victime étant une jeune mexicaine : Dani Ramos (Natalia Reyes). Pourquoi ? On ne le sait pas exactement et il s’agira d’ailleurs de l’un des enjeux du film.

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Un robot et une cyborg qui se mettent sur la tronche avec une mamie badass dans l’équation, au niveau action ça peut donner du bon et, croyez-le ou non, ça donne du bon ! TERMINATOR DARK FATE défouraille assez vite et assez fort il faut bien le dire. Et dans la mesure où nous sommes essentiellement là pour ça, on ne va pas s’en plaindre.

Parce que si vous venez pour le scénario, vous allez rester sur votre faim. Alors, oui, je sais : TERMINATOR à la base, ça raconte l’histoire de robots débarquant du futur, à poil qui plus est, pour tuer des gens dans le présent. C’est assez bancal et, pour l’anecdote, si Schwarzenegger avait accepté de jouer dans le premier c’était parce qu’il était convaincu que le film serait naze et que cela ne nuirait pas à sa carrière parce que personne n’irait le voir. Donc oui, je ne m’attendais pas à ce que ce soit le point fort du film mais restent quand même quelques trous assez malvenus et ce ne sont pas les deux-trois rebondissements prévus (et prévisibles) qui amélioreront les choses. D’autant plus que l’un d’entre eux nous est spoilé dès l’affiche.

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Un spoiler de 110 kilos.

 

Parce que oui, le T-800 est de la partie. Et, par là même, Arnold Schwarzenegger, qui à 72 ans semble ne pas avoir oublié l’adresse de sa salle de sport. Voir le T-800 joué par un septuagénaire peut paraître étrange mais, rappelez-vous, que dans TERMINATOR Kyle Reese nous explique que le T-800 est un squelette de métal recouvert de tissus humains et que lui aussi saigne, transpire… et, apparemment, vieillit. Tout du moins, il vaut mieux pour vous que vous vous souveniez de ça car personne n’aura la délicatesse de vous le rappeler. De la même façon, ce que ce T-800 fiche là et les raisons pour lesquelles il aide nos héroïnes sont assez artificielles, d’autant plus que les autres personnages ne trouveront pas plus intéressants que de soulever pas mal d’incohérences. De façon plus générale, son personnage aurait davantage eu sans place dans BLADE RUNNER que dans Terminator, tout du moins s’il n’était pas la caution punchlines et second degré du film.

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Il faut croire que la présence de Schwarzie au générique était une obligation pour plaire aux fans. De la même façon, le film grouille de clins d’œil aux deux premiers TERMINATOR (et à UNIVERSAL SOLDIERS), qui ne cacheront que rarement leur volonté de caresser le fan dans le sens du poil. Et ça fait toujours plaisir de se faire gratouiller derrière les oreilles, n’importe quel labrador vous le dira. Cela aurait été plus agréable si ces clins d’œil ne nous étaient pas assénés avec un manque de subtilité assez confondant.
Par chance, le film ne se résume pas à ça et Schwarzenegger comme Linda Hamilton sont surtout là pour passer le témoin à une nouvelle génération. Et pour ouvrir la porte à d’éventuelles suites qui, officiellement, ne sont toutefois pas d’actualité.

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En définitive, mon opinion sur TERMINATOR DARK FATE va rejoindre pas mal d’autres avis : il est meilleur que les trois derniers, il est inférieur aux deux premiers. Notons que tout est relatif : TERMINATOR a révélé James Cameron et permis à Arnold Schwarzenegger de démarrer sa carrière d’action star, lui qui semblait ne pouvoir être embauché que pour son physique. Quant à TERMINATOR 2, il avait, à l’époque été une prouesse technique en matière d’utilisation des images de synthèse et en impose encore même 30 ans plus tard.
Donc évidemment que DARK FATE ne pouvait pas vraiment rivaliser et nous avons même le sentiment qu’il n’a pas vraiment essayé. C’est un film divertissant, doté de scènes d’action de qualité mais plombé par un scénario qui, justement, ne sert que de prétexte à ces scènes (tiens ça me rappelle vaguement un film que j’évoquais en début d’article).
Il n’en reste pas moins une histoire assez similaire à celle de TERMINATOR, où une femme que rien ne prédestinait à être une héroïne va devoir choisir entre se battre et fuir et où ceux qui voulaient l’éliminer vont créer ce qu’ils voulaient empêcher. Dans un sens, c’est probablement cela le DARK FATE, le « sombre destin » promis par ce film : parfois, peu importe les choix que vous faites, il y a des choses que ni hommes ni machines ne peuvent arrêter.

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C’est pas faute de sortir l’artillerie lourde !

Il y a toutefois un choix que vous pouvez faire et qui ne portera pas à beaucoup de conséquences : c’est donner sa chance à TERMINATOR DARK FATE, surtout si vous êtes fan de la franchise. Nous verrons plus tard si elle retombera dans ses travers mais ça ce sera plus tard, d’ici là, portez-vous bien et

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Hasta la vista !

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