CHILD’S PLAY : LA POUPEE DU MAL | Lars Klevberg (2019)

Ça devait bien arriver. A force de faire des remakes, des reboots, des suites que personne n’avait demandé, il fallait bien qu’un jour quelqu’un se décide à ressusciter Chucky. Le pire c’est que le bestiau n’était pas mort depuis longtemps, la dernière suite du JEU D’ENFANT de 1988, LE RETOUR DE CHUCKY, date d’il y a deux ans à peine. Bon le soucis c’est qu’il n’a pas été super bien reçu et, qu’à la suite de divergences, le créateur de la poupée, Don Mancini, et la société de production Orion, co-détenteurs des droits ont décidé de prendre chacun des routes séparées. Si le premier a dans l’idée de préparer une série, toujours avec Brad Dourif dans le rôle de Chucky, Orion a plutôt pris le parti de relancer la franchise et de relifter une histoire vieille de 30 ans. Alors je vous avoue que cette perspective m’a emballé de façon tout à fait relative. Le design de la poupée avait l’air assez raté, l’idée de changer complètement ses motivations et sa personnalité n’avait pas l’air géniale… En un mot comme en cent : je craignais le pire.
Et puis, d’autres indices laissèrent supposer qu’il y avait un espoir : Mark Hamill avait été embauché pour doubler Chucky, le service marketing avait décidé de déclarer la guerre à TOYS STORY 4, par affiches interposées et, surtout, les distributeurs se montraient suffisamment confiants pour organiser une avant-première en grande pompes au Gaumont Opéra, en invitant le gratin de tout ce qui donne son avis sur Internet et habite dans les environs de Paname, gratin au sein duquel se trouvait votre serviteur ainsi que notre camarade Jérôme. Restait à savoir si cela valait le coup et, le moins qu’on puisse dire, c’est que nous n’avons pas fait le déplacement pour rien.ChildsPlay2019-AfficheFRDès l’entrée, nous étions accueillis par une reproduction de la chambre d’Andy sur laquelle trônait la star de la soirée, un autre espace était prévu pour prendre des photos à l’étage et le masque (sans trous pour les yeux), les pop-corns et le thé glacé rouges sang remis à l’entrée étaient autant de signes que l’on attendait de nous une chose : prendre un maximum de photos et se la péter un max. Ce n’est pas le Wifi gratuit dans la salle, ni les tweets défilant sur l’écran qui nous auraient contredits, d’autant plus qu’il y avait un drone à gagner pour le meilleur et que, à votre avis, qui est parti avec ?
Non, pas moi : Jérôme, et ça n’a pas été faute de le photobomber pourtant !
Tout cela pour vous dire, d’une que Podsac c’est l’élite (mais ça vous le saviez déjà) mais également pour vous souligner le fait que tout le monde, absolument tout le monde était rivé à son smartphone ce soir là et que la situation allait résonner étrangement avec le propos du film.Child'sPlay2019-02Parce que, gros changement par rapport à l’original, Chucky n’est plus une poupée possédée par l’esprit d’un tueur en série adepte de vaudou. Ici, Chucky est un « Buddi », une poupée connectée, une sorte d’assistant personnel ultime aux capacités d’apprentissage illimitées. Vous me direz quand même que son design est quand même étrange pour un gadget high-tech et que l’on s’imagine mal quelqu’un vouloir d’un machin aussi creepy pour assurer sa domotique, voire vouloir d’un machin aussi creepy tout court. Et vous auriez raison.
Et s’il devient méchant, c’est uniquement parcequ’un employé de l’usine, voulant se venger de son licenciement, a supprimé ses inhibiteurs de violence (et ce avec une facilité déconcertante). Tout ceci est expliqué dans un prologue qui je vous l’avoue, me donnait l’impression que nous n’allions pas passer un bon moment.Child'sPlay2019-06

Parce que, l’argument surnaturel ayant été prié d’aller se faire voir ailleurs, une bonne partie de ce qui faisait le fun de la franchise a donc également fait ses valises : Chucky est intéressant parce que Chucky est une espèce de petite saloperie au sadisme sans borne, littéralement un tueur en série dans un corps de plastique. Là, il va falloir pas mal de choses pour que le scénario retombe sur ses pattes et pour que notre incrédulité soit à nouveau suspendue. Oui, parce que si c’est juste pour voir un Google Home qui bugue, ca va être assez moyen.Child'sPlay2019-05Et il parvient à retomber sur ses pattes, notamment en faisant de Chucky non une poupée qui tue par plaisir mais une poupée tuant en pensant faire plaisir vu qu’elle n’a aucune notion de bien et de mal et qu’elle devient ce que les autres font d’elle.

En gros, si Chucky débarque toujours chez Andy Barclay, celui-ci est beaucoup plus vieux que le gamin de 6 ans du premier film. Ici, c’est un ado un peu mal dans sa peau (pléonasme) qui fait ce que font pas mal d’ados de nos jours : trainer sur son smartphone, jouer à des jeux violents ou regarder des films gore. Je ne jugerai absolument pas ce comportement mais il finit forcément par influer ce pauvre Chucky, qui finit par associer violence et amusement. Et Dieu sait qu’il va faire preuve d’initiative et pousser les potards jusqu’à 11 dans ce domaine.Child'sPlay2019-08Toutefois, si les motivations de ce Chucky sont assez éloignées de celles de l’original et sont, on va le dire, plutôt décevantes, le film reste jouissif sur pas mal de plans. Tout d’abord, l’absence de surnaturel que je déplorais tout à l’heure est contrebalancée par un second degrés et un humour noir qui manquait probablement au film de 1988.
Ce second degrés est, d’ailleurs, pas mal souligné par le doublage de Mark Hamill qui, assez loin du “cabotinage” de Brad Dourif, donne à son Chucky un ton assez flegmatique, plus méthodique. Chucky est avant tout une machine et son côté “C3PO miniature” contraste plutôt bien avec l’horreur de ses actes.
Parce que, s’il faut parler des meurtres, disons que le scénariste et le réalisateur se sont montrés inventifs lorsqu’il s’est agi de tuer des gens ! Ils sont assez peu nombreux mais d’une brutalité et d’une sanguinolence assez surprenantes dans la mesure où je m’attendais à ce que le film vise tranquillement l’interdiction aux moins de 10 ans sans faire de vagues (vérifications faites, il est effectivement Rated R aux Etats Unis).Child'sPlay2019-07En définitive, si j’ai apprécié CHILD’S PLAY c’est autant pour ses qualités intrinsèques que parce que je me suis retrouvé devant un film tout à fait correct là où je craignais une catastrophe. Évidemment, on me dira que je l’ai vu dans les meilleures conditions possibles mais croyez bien qu’il faut un peu plus qu’une place de ciné et du popcorn pour m’acheter. Alors oui, l’origin story a complètement changée et l’ancien Chucky risque de manquer à pas mal de monde. C’est une nouvelle approche de l’histoire et je vous avoue que, le film aurait porté un autre nom, je ne m’en serais pas offusqué outre mesure. Et de toutes façons, si vous n’accrochez pas, une seconde temporalité se prépare.Child'sPlay2019-03En attendant, je ne saurais que trop vous conseiller de laisser sa chance à cette nouvelle mouture de la franchise en attendant, donc, de voir ce que donnera la série et de voir si une mise en concurrence s’impose. D’ici-là portez-vous bien…

AvpChucky
Et moi je vais checker la garantie de ce truc.

 

 

 

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