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L’INTRO QUI TE PLONGE DANS LE BAIN

Le gros inconvénient en hiver, pour un idiot comme moi, ce n’est pas tant le fait de ne plus pouvoir porter des chemises à fleurs et de se promener cul nu sur les plages, non. Le gros inconvénient c’est que quand je sors le nez dehors après le travail, il fait nuit noire. Et la nuit, accouplée comme une vicieuse avec le froid, ben ça fait pointer les seins des filles et ça rend le kiki tout mou. Après la question se pose de savoir si on déplace le kiki à gauche ou à droite dans le caleçon. Et ce genre de questions à le dont de me rendre la sortie du bureau encore plus pénible qu’elle ne devrait être. Bref, je n’aime pas être dans le noir quand je sors le soir.

Je sais que je ne suis pas le seul, bien sûr, je sais combien les gens dépriment face à ces journées qui raccourcissent et combien les suicides ont le plus de chance d’être réussis en ces périodes sombres qu’estivales. Ce n’est pas pour rien que j’ai plus de boulot en hiver qu’en été. Quand on me demande si je suis touché par la Crise dans mon secteur, je rétorque toujours que non puisqu’on n’a pas encore inventé la pilule qui empêche de mourir. Non, on a inventé le vaccin qui dit non à la Grippe A (mais qui dit oui à d’autres saletés apparemment) par contre. Mais la mort, le grand noir absolu, non, hélas non. Ah c’est sûr que je ne sors pas du boulot avec des envies de sourire, je le reconnais…

C’est donc pour cela que arrivé chez moi il me faut une bonne dose de films soit déjantés et suffisamment bourrins pour satisfaire l’abruti qui sommeille en moi, ou alors des films d’horreur tellement sinistres que même mes voisins ils n’osent plus frapper à ma porte pour me demander du sel et du poivre (en même temps, je leur ouvre en robe de chambre. La dernière fois qu’une jeune voisine est venue sonner chez moi, ben… heu… ça a été justement la dernière fois). Comme ce film, DARKNESS… Car cette plongée dans le noir… est un réel bonheur.

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L’HISTOIRE QUI TE PLONGE DANS LE NOIR

En Espagne, il y a 40 ans, tout un groupe de jeunes enfants avait disparu dans les grandes et lugubres forêts. Une battue avait été effectuée sans succès, les parents étaient désespérés, une chape de plomb recouvrait les épaules des villageois. C’est au milieu de cette ambiance sinistre qu’un de ces enfants refit une apparition, et qu’il fut alors interrogé par la Police. Sauf que l’enfant, méchamment traumatisé et n’ayant plus du tout envie de manger des bonbons le soir d’Halloween, n’était pas vraiment en mesure de parler. Tout ce dont il se souvenait est qu’ils étaient enfermés, qu’on leur voulait du mal, et qu’il faisait très très noir…

Aujourd’hui, un gentil père de famille rentre d’un long exil aux Etats-Unis pour se rapprocher de son père. Ses parents avaient en effet divorcé, et il avait un peu perdu de vue son gentil papa, grand médecin. Le fiston est père de famille, il est mariée à une jolie brune et a deux beaux enfants tous bruns. Et tout le monde sait que les brunes ne comptent pas pour des prunes et les bruns pour des… ben je ne sais pas, en fait, les bruns, ils comptent pour quoi  (et les chauves ? hein ? tout le monde s’en fout des chauves…) ? Bref, tout va pour le mieux pour cette petite famille sauf le papa qui souffre d’une maladie bien particulière qui le rend particulièrement sujet aux crises de nerfs.

Mais bon, voilà, depuis que Cédric Klapisch nous a fait visiter son auberge, tout le monde sait que vivre en Espagne c’est super fun et que les locaux sont des gens très gentils et courtois. La preuve en est que la jolie héroïne, une jeune étudiante pouffe et rebelle, a pour copain un joli professeur de natation qui vient lui conter fleurette jusque dans les vestiaires. Elle nage dans le bleu, la jolie fille. Ce qui ne semble pas être le cas pour son petit frère, qui, lui, de son côté, a plutôt la trouille dans le noir. Parce que le noir, dans cette maison, ben il n’est pas pareil que d’habitude. Le noir est vivant, le noir bouge, et y a des gens tout bizarres dedans. et le petit frère, il ne nage pas dans le bleu, lui, oh non. Par contre les bleus semblent fleurir sur son corps… Et ce n’est que le début du cauchemar.

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LE DÉVELOPPEMENT CRITIQUE QUI TE FAIT SOMNOLER

DARKNESS est le second long métrage de Jaume Balaguero, un Monsieur fort sympathique au visage très souriant et qui donne l’impression de toujours avoir une bonne blague à raconter sauf que non, au vu de ses films, ce n’est pas du tout son genre. Ce grand chauve (comme moi, c’est peut être pour ça que je l’adore lui. Sauf qu’il ne porte pas de chemises à fleurs…) est l’auteur de quelques films parmi les plus terrifiants de ces 10 dernières années. Sous le drapeau espagnol, il a mis en scène 5 films, tous produits par la même société, la FILMAX / FANTASTIC FACTORY. Il faut savoir que cette société, créée par Julio Fernandez, et surtout, par Brian Yuzna, s’est spécialisée dans la série B horrifique. Les derniers films réalisés par Stuart REANIMATOR Gordon, par exemple, ont été produits par cette firme. Mais s’il existe un cinéaste local dont le nom est directement associé à cette firme, c’est de Jaume Balaguero qu’il s’agit.

Cet homme a un univers fantastique bien à lui, qu’il décline au travers de films totalement personnels et qui n’ont jamais rien de purement commerciaux. Ses longs métrages s’inscrivent dans une droite ligne, celle d’une épouvante à l’ancienne, glaçante, blafarde. Aucun de ses films ne tombe (ou presque) dans l’horreur sanguinolente pure. Ce qui l’intéresse, c’est la terreur, sa montée en puissance au sein du spectateur, et son explosion, à l’écran, comme dans le corps du spectateur. Voir un film de Balaguero, c’est s’offrir un sacré tour de piste dans un monde fait d’obscurité et de pleurs. Ses films sont désespérants et vous vissent les yeux à l’écran du début à la fin. Son cinéma, même si chaque sujet est différent, semble empreint des mêmes idées, des mêmes affects.

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En effet, DARKNESS, dans sa filmographie, vient juste après LA SECTE SANS NOM (une mère de famille qui recherche sa petite fille disparue depuis de longues années croit l’avoir retrouvée…) et avant le sublime FRAGILE (une jeune infirmière s’occupe d’enfants malades dans un vieil hôpital et les défend contre une effrayante « fille mécanique ») et les deux [REC] (Dans un immeuble de Barcelone, tous les habitants semble pris de folie meurtrière soudaine). Et le point commun à tous ces films c’est l’enfance… Sauf que celle-ci est maltraitée, détruite, bousculée, ou enragée. La figure de l’enfant chez Jaume Balaguero ne prête pas à sourire du tout. Elle fait de la peine (LA SECTE SANS NOM, DARKNESS), elle fait pleurer (FRAGILE), elle agace fortement (MALVEILLANCE) ou elle terrorise tout simplement ([REC] 1 et 2). On comprend donc très vite, rien qu’à cette figure centrale tragique de l’enfant, que le metteur en scène ne fait pas de cadeau en matière horrifique. DARKNESS en est la preuve, son film étant une ode à l’Obscurité, au Mal absolu et à la Cruauté…

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Anna Paquin (X-MEN, TRUE BLOOD) joue la grande sœur, la figure de la jeune fille courageuse qui plonge dans l’obscurité pour venir au secours de sa famille. L’actrice confirme là encore son talent et interprète avec douceur et crédibilité une jeune fille au tempérament suffisamment fort pour braver les ombres. Tout comme le metteur en scène, elle nous offre un jeu subtil et fin… Iain Glen, acteur d’origine écossaise, qui jusqu’alors était connu des fans de nanars comme moi pour avoir contré les jolies Milla Jovovich et Angelina Jolie dans les RESIDENT EVIL et TOMB RAIDER. C’est dire comme le bel homme était condamné à assurer des rôles de méchants. Mais dans ce film, dans le rôle du père de famille, il allie une justesse de ton, parvient à rendre son personnage d’abord touchant avant de susciter l’inquiétude et la crainte. En gros, on se rend compte qu’il avait déjà en lui les germes du futur Jorah Mormont de la série GAME OF THRONES !

Lena Olin, belle brune d’origine suédoise, interprète génialement le rôle de la mère, et apporte une certaine dureté de ton au sein de cette famille. Elle est crédible dans sa volonté de vouloir régenter sa maison d’une main à la fois douce et de fer. Cette belle femme, révélée aux Etats-Unis (après de nombreux films made in Sweden) dans L’INSOUTENABLE LÉGÈRETÉ DE L’ÊTRE et le sulfureux ROMEO IS BLEEDING a connu ensuite un nouveau regain d’activité suite à son rôle de la méchante maman de Sidney Bristow alias ALIAS.

Et enfin, dans le rôle du grand père, une figure incontournable des films d’action, d’horreur, ou thrillers à l’européenne, celle de l’italien Giancarlo Gianini. Une liste de films longue comme le bras, les plus récents étant notamment les deux James Craig avec Daniel Bond. Le Monsieur apporte sa bonhommie, son visage doux et gentil à un personnage plus complexe qu’il n’y parait.

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DARKNESS est un film d’épouvante pure, au sens le plus noble du terme. Il s’agit d’un film qui joue avec nos peurs les plus viscérales, les plus profondes, et notamment celle de la peur du noir. Jaume Balaguero signe avec ce film son exercice le plus subtil et effrayant de sa carrière, car dans son film, il n’y a quasiment jamais de trace d’humour qui vient adoucir le propos. Ce film est un bel édifice érigé en l’honneur de la trouille. Le jeune cinéaste prouve donc avec ce film que l’Espagne demeure un des viviers les plus riches en la matière de films d’épouvante. Nous sommes bien loin de cette nouvelle épouvante, celle dont on nous abreuve régulièrement au cinéma ou même à la télévision. Dans DARKNESS, il n’est employé aucun artifice de mise en scène à base de jump scares (comme un chat qui surgit soudainement par exemple), ni de plans ouvertement gores mais composés d’images de synthèse (comme c’est le cas dans la grande majorité des films d’horreur aujourd’hui). Il s’agit ici d’un film à l’Européenne, il ne contient aucune esbroufe ni de démonstration outrancière, et donc, inutile d’effets spéciaux. Rien n’est gratuit ni laissé au hasard.

DARKNESS est un film d’épouvante gothique qui rend tout son honneur à ce genre longtemps méprisé. On sent bien ici que le cinéaste est plus attiré par une terreur à l’ancienne que moderne. Il s’applique d’abord à installer une ambiance avant de distiller des moments chocs. On est donc constamment en train de se crisper aux bras de son fauteuil, et si on ne sursaute pas vraiment, la peur finalement est bien plus vive. En effet, devant un film d’horreur lambda, le spectateur sursaute souvent, et rit toujours juste après, se sentant bêta de s’être fait avoir. Dans ce film ci, ce n’est point du tout le cas, le spectateur courageux n’est pas dans un train fantôme, le film n’a strictement rien d’une attraction. On est vissé à l’écran, la bouche ouverte. Le film est pesant du début à sa fin…

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Pour donner encore plus de corps à cette peur, le film est tout entier plongé dans une ambiance spectrale, triste et étouffante, qui prend le spectateur consentant par la main pour ne plus la lâcher. Cette ambiance se traduit par une teinte de l’image assez bleutée, comme la couleur du froid, ou pire, même de la couleur d’un cadavre mort de froid. Cela ne fait qu’accroître le malaise subi devant ce film. Ainsi, la peur est constante mais le cinéaste se permet de faire grimper le trouillomètre à plusieurs reprises, non pas, on l’a compris, à base de jump scares, mais avec des séquences de terreur pure, remarquablement bien amenées et mises en scène. Jaume Balaguero met tellement de pression tout au long de son film que quand il offre des scènes de frayeur c’en est trop pour son spectateur. Ainsi en est-il de cette séquence où la jeune héroïne se met à fouiller dans la maison espérant découvrir des indices sur le passé de celle-ci. On redécouvre avec elle une photographie plutôt épouvantable, déjà vue quelques minutes avant, sauf qu’un détail évident a changé, et que sa conséquence glace le sang du spectateur. Jaume Balaguero est très malin, il n’y a plus de doute à ce sujet.

Le cinéaste applique à la lettre son Stephen King illustré. En effet, l’écrivain américain a écrit (dans la préface de son recueil de nouvelles DANSE MACABRE) que son but était, dans ses romans, de prendre le spectateur par la main et de lui faire tâter ce qui est caché dans le noir, sous son lit. Jaume Balaguero fait ici la même chose, il emmène son héroïne (et donc le spectateur) là où elle ne devrait jamais aller toute seule. Et comme son film traite d’un sujet sinistre, la démonologie et, surtout, la matérialisation du Mal absolu, on comprend aisément combien le film peut être effrayant. Ainsi, dans DARKNESS, il est question du Mal, et celui-ci se matérialise avec le noir, l’obscurité, le néant absolu. Balaguero joue donc avec les terreurs de l’enfance, celles qui sont encore enfouies dans les chairs des spectateurs. Le film éveille donc une peur qui est en nous. D’ailleurs, l’accroche du film (la tagline) le précisait déjà.

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Dans DARKNESS, le film compte ainsi comme personnage principal le noir, la nuit, et celui cache en son sein de bien sinistres messages. Le film ne montre pas de zombies ni de créatures démoniaques cornues en train de danser la gigue et encore moins de gros bouc puant. Non. Juste l’obscurité, celle qu’on affronte quand on va se mettre au lit, ou quand on se lève au milieu de la nuit pour aller se chercher un verre d’eau, sa poupée gonflable, ou une couverture pour les orteils. Balaguero est parti du principe que les enfants voient le noir comme une entité palpable, et non comme une simple absence de lumière. Dans son film, le noir semble vivant, mais attention, cela n’est pas du tout rendu ridicule. L’obscurité se déploie, progresse et enserre ses victimes. Le film joue avec les champs contre champs, montrant ainsi l’obscurité avancer dans le dos de ses proies, ce qui fait que le spectateur voit cette nuit avancer et sur le personnage mais aussi sur lui-même ! Malin… Bref, DARKNESS met les sens du spectateur en éveil tout au long, le maintient dans un état de peur, et le plonge dans le noir. Une obscurité que l’on a ensuite très vite peur de caresser. Et c’est d’autant plus sinistre quand on s’attache aux personnages, que l’on s’identifie à eux… Le final est à en perdre la tête et le spectateur est accroché jusqu’aux dernières secondes… (Un final qui a plu à une jolie pouffe bien connue par ici d’ailleurs…)

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DARKNESS n’est pas un film d’épouvante ordinaire, il ne montre pas des adolescents attardés dont on se contrefiche de savoir où, quand et surtout comment (tronçonneuse, fléchette, lance flammes, cutter…) ils vont se faire occire. Le film nous met comme héros toute une famille, les parents et leurs deux enfants, et cette famille est dessinée avec suffisamment de douceur et de simplicité pour que très vite l’identification fonctionne à bloc. On est à leurs côtés, on évolue avec eux, et on avance dans l’intrigue en même temps qu’eux. Le spectateur n’a jamais une longueur d’avance sur les personnages, contrairement à beaucoup de films d’horreur où on devine très souvent ce qu’il va se produire. Ici, ce n’est pas le cas, le spectateur progresse à tâtons dans le noir et ne découvre la vérité qu’en même temps que les personnages principaux.

Les personnages sont donc attachants, et on en vient à forcément craindre pour leur destin, leur vie. Le père de famille a des traumas joliment esquissés et le cinéaste nous en révèle la teneur en douceur. La mère de famille est débordée dans son travail et fait tout ce qu’elle peur pour se maintenir hors de l’eau. Et les deux enfants, très liés, sont au cœur du chaos. C’est d’ailleurs la jeune fille qui est la véritable héroïne du film, elle représente ainsi l’œil du spectateur puisque toutes les découvertes, le dénouement de l’intrigue passe par elle. La mignonne Anna Paquin apporte son doux minois à cette fille perdue dans le noir. Ce qui est étonnant dans DARKNESS est que Jaume Balaguero en fait plus une mère qu’une sœur, car elle se comporte de façon très protectrice envers son petit frère. Ce rapport est très fort et soutient même l’ensemble du film. Ces deux jeunes face au Mal…

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D’ailleurs, c’est précisément là un des points communs entre tous les films de Jaume Balaguero. En effet, on retrouve toujours cette image d’enfance martyrisée dans ses films, le cinéaste espagnol n’épargnant jamais ses personnages en bas âge. Dans LA SECTE SANS NOM, déjà il avait fait très fort en sortant des égouts un cadavre de fillette tout gonflé d’eau par la noyade. Dans FRAGILE, ce sont des enfants blessés qui se voit disloqués par une « fille mécanique ». Et dans [REC], c’est carrément une fillette qui devient enragée et dévore sa propre mère. Dans DARKNESS, le film fera du mal à certaines âmes sensibles dans la mesure où le cinéaste ne montre aucune pitié envers ses deux plus jeunes personnages, et notamment le petit garçon. Le film renvoie effectivement dans la figure du spectateur ces images d’enfance maltraitée vue aux journaux télévisés. Les images d’un enfant, le corps meurtri par les coups, font très mal aux yeux. Jaume Balaguero montre ainsi que l’innocence se fait toujours meurtrir, détruire, par le monde des adultes (son cinéma rejoint d’ailleurs celui de Emir Kusturica sur ce plan là… ). C’est peut être là que réside le mal…

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DARKNESS est donc un film entâché d’un profond nihilisme, et s’il devait se voir qualifié d’un genre musical, on le dirait punk « no future ». Il s’agit là d’un film très sinistre, et duquel le spectateur ne sort pas très joyeux et revigoré comme il en sort après un film d’horreur classique. Les décors du film jouent dans ce sens, le cinéaste ayant trouvé des lieux de tournage assez froids. Que ce soit la demeure familiale, toute de bois vêtue, ou certains appartements en centre ville, tout n’est que labyrinthe obscur, où sont tapis les souvenirs du passé dans les moindres recoins sombres. Le cinéaste ne montre pas vraiment des lieux chaleureux, ou glauques, non, il montre des lieux remplis d’endroits où l’obscurité semble comme appelée à demeurer. Et quand il s’échappe en pleine ville, c’est pour nous envoyer dans les sous terrains, le métro, notamment, où les tunnels illuminés par des néons finissent par se mourir, s’éteindre dans le noir. Finalement, le seul endroit où l’enfant peut se sentir en sécurité, c’est dans l’eau, à la piscine… !

DARKNESS est un film d’épouvante, et il contient des passages chocs magnifiés par des effets spéciaux sobres et discrets qui n’en font pas des tonnes. Très peu d’effusion de sang n’est à percevoir ici, et les quelques moments d’épouvante sont arrangés avec suffisamment de sobriété pour ne pas alourdir leur teneur. Sobriété rime avec efficacité, et Jaume Balaguero l’a bien compris, prolongeant ainsi son travail sur une horreur cérébrale plus que trop démonstrative entamée avec son film précédent LA SECTE SANS NOM. Que ce soient des spectres accrochés au plafond, ou cette obscurité qui attire les crayons de couleur sous les armoires, le tout est finement ciselé, réussi, et glace le sang… DARKNESS est effrayant tant il demeure simple, sobre, et c’est peut être là que le film gagne ses galons…

L’horreur absolue est d’autant plus terrifiante qu’elle est doucement présentée, comme si elle était naturelle… Désespérant de terreur…

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