Dans la brume (2018) | Daniel Roby

Après une parenthèse dont vous entendrez probablement parler dans les jours à venir, (une histoire de phares, de Bretagne et de podcast en live) revenons donc à l’ordinaire. Il est de nouveau temps pour l’auteur de ces lignes de continuer à examiner la moisson de films de genre français qui s’avère assez importante en ce moment. Et encore, je n’ai pas eu le temps de vous parler de GHOSTLAND (en gros, c’est pas trop mauvais, un poil glauque (faut aimer) et Mylène Farmer se débrouille pas si mal que ça).

L’autre jour, je vous parlais de LA NUIT A DÉVORÉ LE MONDE où un type essayait de survivre dans un immeuble haussmannien alors qu’une apocalypse zombie faisait rage au dehors et aujourd’hui… je vais vous raconter une histoire assez similaire par bien des aspects, d’autant plus similaire que Dominique Rocher, le réalisateur de LA NUIT A DÉVORÉ LE MONDE se retrouve également au générique de DANS LA BRUME (dans la catégorie « Idée originale »). Pas de coïncidence donc même si cette constatation est étrange.

Deux certitudes toutefois : le cinéma de genre français est vachement prolifique en ce moment et, décidément, il ne fait pas bon vivre à Paris quand on est dans un film fantastique ces derniers temps !

Dans la brume affiche

Pas de zombies toutefois ce coup-ci, DANS LA BRUME va nous mettre au prise avec une menace un peu plus difficile à repousser. Nous suivons Mathieu, un homme à qui tout semble réussir : un boulot qui rapporte et qui fait voyager, un appartement superbe en plein cœur de Paris. En plus il est joué par Romain Duris et marié à une James Bond girl (Olga Kurylenko) ! En réalité, le karma s’est vengé et pas sur lui. En effet, leur fille, Sarah, est atteinte du syndrome dit des « enfants-bulle », une maladie orpheline qui affecte le système immunitaire. En gros, elle doit vivre dans une chambre stérile dans la mesure où le moindre rhume peut lui être fatal.

Et en parlant de système immunitaire, celui de notre bonne vieille planète semble en prendre également pour son grade. C’est, en effet, alors que David Pujadas vient nous annoncer qu’un tremblement de terre a dévasté la Scandinavie qu’un remake a lieu en plein Paris.

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Si les bâtiments tiennent le coup, une étrange brume ocre se met à sortir du métro et à envahir les rues, tuant tout sur son passage. Mathieu et sa femme parviennent à se réfugier au dernier étage de leur immeuble, épargné par le gaz. Ils pourraient juste attendre les secours mais le soucis est qu’il n’est pas sûr que ceux capables d’organiser lesdits secours soient encore en vie (pour peu qu’ils vivent au rez-de-chaussée).

Plus problématique :  Sarah est encore dans son caisson stérilisé dans un étage envahi par la brume. L’air y étant filtré, elle a survécu mais il faut trouver un moyen de la sortir de là.

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La suite est un film de survie tout ce qu’il y a de plus classique. Comprenez par là que le groupe de survivants dans lequel est Mathieu va échafauder tout un tas de plans et que la loi de Murphy va tellement avoir droit au chapitre qu’il aurait peut-être même fallu la créditer au générique.

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Rien de vraiment original, donc même si la narration n’est pas exempte de bonnes idées. Pensons notamment à ces passages où les personnages sont amenés à retenir leur respiration et qui sont assez anxiogènes (même si certains d’entre eux semblent disposer d’une capacité pulmonaire d’apnéistes). De la même façon, nous croisons d’autres survivants et pas mal d’indices nous montrent que l’histoire de Mathieu n’en est qu’une parmi des dizaines de récits de survivants. C’est intelligent mais paradoxalement assez frustrant dans la mesure où on a vraiment le sentiment que certains personnages regardent un meilleur film que nous !

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Il reste que DANS LA BRUME reste un film plutôt réussi. Les acteurs sont, convaincants, attachants même (dédicace à Michel Robin, qui est le genre de seconds rôles récurrents que j’apprécie toujours de voir), la seule exception étant, par moments, Sarah, qui semble ne pas avoir osé s’écarter de son texte, même quand celui-ci manquait de naturel. Résultat, elle a tendance à jouer des scènes, sensées être poignantes avec autant d’intensité que si elle jouait dans une pub pour du yaourt et mine de rien ça fait un peu sortir de l’histoire.

Un mot quand même sur la réalisation, qui, sans être révolutionnaire, est assez efficace. Mention spéciale aux plans montrant Paris recouvert de brume qui sont magnifiques (oui, je sais, ce sont surement des CGI, mais quand même !).

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Comme dirait ma mère devant la neige : « C’est quand même beau cette saloperie ».

En définitive, que penser de DANS LA BRUME, si ce n’est qu’avant d’être bon ou mauvais, il est efficace et, surtout, intelligent sans être prétentieux. Ce n’est pas un film d’horreur, il n’a visiblement pas la volonté d’en être un, mais il fait partie de ces films fantastiques qui vont davantage se reposer sur des éléments simples avant de partir dans la surenchère d’effets en tous genre afin de créer une ambiance oppressante. On pourra le regretter et penser qu’il a raté sa cible… je pensais ça aussi lorsque je suis sorti de la salle et pourtant..

J’étais à Odéon, je suis rentré chez moi par des ruelles qui ressemblaient pas mal à celles où ont été tournées le film, au loin des sirènes de police hurlaient…

Et mine de rien je vous avoue qu’à ce moment là je me suis surpris à avoir des scrupules à reprendre le métro.

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Ou à descendre un escalier.

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