LA LA LAND (2016) | Damien Chazelle

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« Je jouais du pianooooo (pas) debouuuut »

J’ai grandi (sagement) en dévorant énormément de films, tous genres confondus, et en écoutant de la musique Jazz avec mon père et, également, en me rendant à des concerts avec lui. Évidemment, hein, je ne me glissais pas que ça entre les oreilles, rassurez vous, je reste un bonhomme qui écoute du métal et d’autres trucs pop saturés… Bref, cinéma et musique sont mes deux énormes passions, vous le savez. Et quand j’ai lu que LA LA LAND le film à Golden Globes et (peut être) Oscars était une comédie musicale sur fond de musique jazz, cela m’avait intrigué. Mais ça, c’était avant que la presse en fasse son énorme loukoum chouchou, le portant au pinacle comme le plus beau film de l’année, le truc qu’il vous est impossible de détester. Forcément, là, je dubitais sévère, et quand il s’agit de dubiter, ben je dubite je dubite.

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Ooooh, ça doit être compliqué de ne pas se prendre les pieds dans les sillons

Déjà, le couple star à l’écran est composé de Ryan Gosling et Emma Stone. Ce n’est pas la première fois que le couple est réuni sur la toile, CRAZY STUPID LOVE et GANGSTER SQUAD étant déjà passés par là. Et je ne suis pas particulièrement excité par ces acteurs là, en ce qui me concerne. La hype autour de Ryan m’épuise et je n’ai jamais trouvé Emma affolante dans mon ptit cœur de post ado. Bref, entre le gros engouement exagéré autour de cette œuvre et ce duo là, mon cœur balançait entre « vais-je le voir en salles ? » et « j’attendrai de le voir un soir à la maison ». Je ne savais même pas de quoi parlait véritablement le film, n’en connaissais que le strict minimum. Et c’est la première solution que j’ai choisie, et, figurez vous que j’ai bien fait.

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LA LA LAND, ça s’écrit pas pareil ailleurs et ça reste joli.

Le film est sublime, oui, et je n’ai pas envie de vous cacher mes larmes en sortant de la salle, ou mon cœur gros comme un éléphanteau à la Dumbo qui aurait perdu ses ailes. L’histoire est prenante de bout en bout même si elle prend des virages légèrement faciles et décelables. le film s’adresse à tous les publics, ne cherche jamais à décontenancer ni à rendre ses spectateurs chèvres analphabètes. Il n’empêche qu’on est coincé par son charme fou et qu’on n’a aucune envie de quitter la route. Sortir de la salle, en somme, est un vrai crève cœur. C’est beau, c’est triste, c’est un film qui traite de la passion, des rêves, et chacun peut se retrouver dans tout cela. Les thématiques sont fortes et finement ciselées, la délicatesse prévaut tout le long. On est pris par la main dès le départ, le parcours de ces héros combattants dans le monde de la musique et de l’industrie cinématographique est si bien décrit qu’on ne lâche rien et que jamais l’ennui ne vient guetter à vos pieds. D’autant plus que Damien Chazelle, en véritable auteur compositeur qu’il est, ne cherche jamais à faire tomber le film dans la guimauve indigeste. Le clin d’œil visuel au chef d’œuvre LA FUREUR DE VIVRE est d’ailleurs un fort joli moment. Et la fin est sublime, totalement logique, mais vous prendra à la gorge, à l’estomac et au cœur.

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« Et si on quittait le restau pour aller au cinéma, darling ? »

Ensuite, oui, le couple ne m’a jamais paru aussi beau à l’écran. J’ai eu du mal à l’admettre, pour être honnête, mais il bouffe littéralement l’écran. Gosling et Stone sont tout simplement sublimes dans ce film, ils incarnent merveilleusement les personnages et ils s’effacent totalement derrière ceux ci. Nous sommes face à une vraie qualité de jeu de comédiens, et leurs récompenses sont méritées. Si je devais trouver un argument négatif c’est que peut être aucun autre personnage n’a d’existence réelle dans tout le film. En dehors des deux comédiens, tous les autres ne sont que des figurants, n’ont aucune véritable caractérisation. L’attention est portée sur eux deux seulement, la mise en scène les pointe du doigt (ou des spotlights, devrais je dire) littéralement. Car oui, le film est une vraie comédie musicale, et ce sont eux qui en sont les réelles stars. Les numéros musicaux sont tout simplement parfaits, et, rassurez vous, ne viennent jamais encombrer le récit au point de le ralentir. La musique jazz, be bop, soul, marque les oreilles à tel point que c’est un ravissement. On sort de la projection avec l’envie d’en réécouter illico la bande son. Les hommages sont multiples aux grands films du genre (Gene, Ginger et Fred sont souvent cités en images) et ils sont parfaitement chorégraphiés. Et, il faut être honnête, de nombreux passages sont appelés à devenir des classiques instantanés du genre, tout comme ce final d’une finesse rare dans le genre.

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Affiche façon années 30, art déco, ou c’que vous voulez…

La mise en scène est belle et classieuse, les plans séquences foisonnent et fusionnent en un tout coloré, harmonieux et entrainant. Aucune faute de goût n’est à noter dans cette œuvre, c’est virevoltant, cela donne envie de se lever de son siège et de danser. La photographie est littéralement un choc, on peut penser à de nombreux artistes tels que Edward Hopper ou Magritte, quand on regarde LA LA LAND. Que ce soient les décors naturels, avec des paysages en tous points magnifiés, ou alors des reconstitutions en studio au millimètre près, tout est beau et chatoyant. Les touches de lumière bienvenues sur les comédiens arrivent toujours à point nommé, comme si nous étions sur une scène de théâtre, lors d’une immense représentation. La perfection absolue, en somme, et jamais cela ne sent la prétention. Forte est l’impression que tout a été mis en œuvre pour que rien ne dépasse ou ne puisse être pris en défaut. Il faudrait être de mauvaise foi pour chercher à casser ce qui est un travail d’orfèvre (ou alors vouloir faire hype parce qu’aujourd’hui c’est trop cool de s’en prendre à ce qui est beau et de louer ce qui est salement GRAVE)

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« C’est la fin de l’article, je me casse d’ici, darling !!!! »

LA LA LAND est donc un film qui transporte, qui marque les esprits, et qui fait oublier deux heures durant le cauchemar que nous traversons ces temps ci dans la vie réelle. LA LA LAND devrait vous être prescrit immédiatement afin de vous redonner le sourire. LA LA LAND mérite tous les tralalas de louanges, je dois bien l’admettre. LA LA LAND a gagné (mon cœur) et m’a achevé.

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