TheFloydus a été le premier Sac à suivre la série Homeland, probablement en manque après la série 24, qui réduisait Jack Bauer à un sommeil forcé jusqu’aux premiers tours de manivelle du film dont il sera le héros.

Homeland est une série américaine, mais pas seulement. C’est en réalité le remake de Hatufimn créée par Gideon Raff, qui dirigera la version US, aidé par deux scénaristes de 24, Alex Gansa et Howard Gordon.

Il sera question du retour au pays d’un ex-prisonnier de guerre, accueilli en héros, récupéré par l’armée, courtisé par les médias et par les politiques. Mais aussi suspecté d’avoir été retourné par les islamistes et surveillé de près par une analyste de la CIA sous traitement.

 

Au casting, on retrouve Claire Danes, que le monde a découvert dans une autre série, Angela, 15 ans.  Après une carrière au cinéma un peu chaotique (Romeo et Juliette, U-Turn, Terminator 3), elle fait son retour à la TV. Le marine est joué par l’excellent et plutôt rare Damian Lewis, vu dans Dreamcatcher ou dans Band of Brothers. Vous reconnaîtrez aussi la sexy Morena Baccarin, qui interprétait Anna, dans le remake de V, qui campe ici l’épouse du Meuh-Rine.

 

Homeland est une série particulière. C’est avant tout l’adaptation d’une série Israélienne et elle fait la part belle à la psychologie des personnages, là où on aurait pu s’attendre au traitement d’une théorie du complot agrémentée de coups d’éclats et d’opérations militaires.

Dès le premier épisode, on se retrouve plongés dans une atmosphère de paranoïa aigue, avec un personnage central dont on ignore tout des intentions et celui de Claire Danes, dont on ne sait pas si on peut se fier à ses intuitions et à son jugement. Ce sera tout l’intérêt et toute la réussite de Homeland. Le décor et l’atmosphère sont plantés dès le second épisode et le ton de la série demeurera original jusqu’au final de la saison.

 

On ne peut pourtant pas passer sou silence la filiation évidente de ce show avec 24, autre série ayant mis en scène le terrorisme et les services secrets US.

Rappelons que Homeland est le nom du département mis en place sur le sol américain en 2002 pour gérer la sécurité intérieure des Etats-Unis et lutter contre le terrorisme, après les évènements du 11 septembre 2001.

24 avait été crée l’année précédent ces attentats et c’est sans doute en partie l’une des raisons qui ont contribué à son immense succès, en plus bien évidemment de sa grande qualité.

Le parallèle, inévitable avec 24, peut être établi avec le thème central, comme avec sa science du twist et l’ambivalence de certains personnages principaux.

La comparaison s’arrête toutefois là, puisque Homeland n’est pas une série d’action.

Si l’histoire est menée tambour battant, ici pas d’explosions, de gun fight ou de poursuite à chaque épisode. Il y en a, certes, mais le tout est suffisamment rare et disséminé au cours de la saison pour qu’ils ne constituent que des éléments secondaires du show.

 

 

La force de Homeland se trouve donc principalement dans son scénario. Si on sent bien sur quel terrain les scénaristes veulent nous amener, si on peut deviner un ou deux twists, il restera cependant difficile de devancer chacun d’eux.

Certes, un esprit habitué à la mécanique des séries ne tombera pas dans chaque piège. Il en déjouera même quelques uns, mais sera forcément surpris et, n’ayons pas peur des mots, passionné par cette histoire.

Homeland m’a rappelé la construction des romans de Robert Ludlum (le papa de Jason Bourne), qui traitait souvent des complots politiques, terroristes et qui mettait souvent au centre de l’intrigue un homme entouré de mystère. Sur son environnement, ou lui-même.

L’histoire de Homeland fait écho à celle du roman L’agenda Icare et de son héros très spécial Evan Kendrick, roman que je vous recommande chaudement au passage.

Homeland est donc la série à découvrir.

Après avoir vu les deux premiers épisodes lors d’une projection spéciale, j’ai enchaîné rapidement avec le reste de la saison, sans être déçu le moins du monde.

Reste à savoir si ce genre d’histoire parviendra à conserver toute son intensité et son identité sur la longueur, si plusieurs saisons devaient voir le jour.

Il serait sans doute préférable de ne pas multiplier les saisons pour que Homeland garde toute sa force…

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